Il faut que quelqu’un le dise. On en a un peu marre.
Pas de One Piece. Pas vraiment. Pas de Dragon Ball. Pas de Naruto. Pas même de Demon Slayer ou de Jujutsu Kaisen.
On en a marre de voir toujours les mêmes anime occuper toute la conversation.
Sur YouTube, TikTok, Instagram et les réseaux sociaux, l’animation japonaise semble parfois avoir été réduite à une poignée de licences. Les mêmes personnages reviennent en boucle. Les mêmes débats sont relancés tous les trois jours. Les mêmes théories sont recyclées. Les mêmes classements sont publiés avec une miniature différente.
Goku contre quelqu’un.
Luffy contre quelqu’un.
Naruto contre quelqu’un.
« Les 10 personnages les plus puissants. »
« Cette théorie sur One Piece va tout changer. »
« La transformation de Goku qui écrase tout. »
« Pourquoi Naruto est en réalité beaucoup plus fort qu’on ne le pense. »
Et puis, évidemment, une nouvelle vidéo le lendemain pour nous expliquer exactement l’inverse.
À force, on finit par avoir une impression étrange : comme si l’animation japonaise avait cessé d’exister en dehors de quelques énormes franchises.
Et c’est franchement dommage.
Parce que le problème n’est pas que ces anime soient mauvais. Bien au contraire. One Piece est une œuvre majeure. Dragon Ball a changé l’histoire du manga et de l’animation japonaise à l’échelle mondiale. Naruto a marqué toute une génération. Demon Slayer a démontré qu’un anime pouvait devenir un phénomène culturel planétaire. Jujutsu Kaisen a encore prouvé la puissance du shōnen contemporain.
Ils méritent qu’on en parle.
Mais ils ne méritent pas de prendre toute la place.
Et surtout, ils ne devraient pas empêcher les créateurs de contenu de nous faire découvrir autre chose.
Le problème, ce n’est pas One Piece. C’est « encore One Piece »
Prenons One Piece.
Il y a largement de quoi en parler. Après plus de deux décennies, l’œuvre d’Eiichiro Oda possède un univers gigantesque, des centaines de personnages, une histoire complexe, des thèmes politiques et sociaux, une construction narrative impressionnante.
On pourrait donc consacrer des centaines d’articles intelligents à One Piece.
Mais ce n’est pas forcément ce qui se passe sur les réseaux.
Une partie importante du contenu consiste désormais à commenter chaque événement comme s’il s’agissait d’une révélation historique.
Un personnage apparaît ?
Théorie.
Un personnage regarde quelqu’un ?
Théorie.
Une phrase est prononcée ?
Théorie.
Un personnage change de coiffure ?
Probablement une théorie.
Et lorsque la semaine est plus calme, on ressort une théorie vieille de quatre ans.
Ce fonctionnement n’est pas propre à One Piece. Il existe autour de toutes les grandes licences.
Mais il devient particulièrement visible parce que l’algorithme a compris quelque chose de très simple : One Piece fait cliquer.
Alors on en parle.
Encore.
Et encore.
Et encore.
Le règne du « power scaling »
Il y a également un autre phénomène qui mérite d’être questionné : la domination du power scaling.
Qui est le plus fort ?
Goku contre Saitama.
Luffy contre Naruto.
Gojo contre tel personnage.
Madara contre tel autre.
Vegeta contre…
On pourrait continuer pendant des pages.
Encore une fois, ce genre de discussion peut être amusant. Dans une communauté de passionnés, comparer les personnages fait partie du plaisir.
Mais lorsque cela devient pratiquement la seule manière de parler des anime, quelque chose s’est perdu en route.
Parce qu’un personnage n’est pas intéressant uniquement parce qu’il peut détruire une montagne.
Un héros peut être intéressant parce qu’il est bien écrit.
Un antagoniste peut être fascinant sans être capable de battre vingt personnages simultanément.
Une série peut être exceptionnelle sans proposer un tournoi toutes les douze épisodes.
Et c’est justement là que les créateurs pourraient nous emmener.
Vers autre chose.
Alors parlons d’autres anime
Parce qu’il y en a.
Énormément.
Et certains sont extraordinaires.
Prenons Mushishi.
Voilà typiquement une série qui mériterait d’être beaucoup plus souvent citée lorsque l’on parle d’animation japonaise.
Pas de tournoi.
Pas de transformation.
Pas de héros qui hurle pendant cinq minutes avant de lancer une attaque.
Mushishi raconte les aventures de Ginko, un homme qui voyage à travers le Japon et rencontre les « mushi », des formes de vie mystérieuses situées à la frontière entre le vivant et l’invisible.
Chaque épisode ressemble presque à une petite légende.
La série prend son temps. Elle observe la nature, les hommes, leurs peurs, leurs souffrances et leurs rapports avec un monde qu’ils ne comprennent pas toujours.
C’est contemplatif.
Étrange.
Parfois mélancolique.
Et souvent magnifique.
Voilà une série dont on pourrait parler pendant une heure sur YouTube.
Pas pour savoir qui est le plus fort.
Mais pour expliquer pourquoi elle possède une atmosphère que très peu d’anime ont réussi à reproduire.
Monster : quand l’anime devient un thriller
Autre exemple : Monster, adapté du manga de Naoki Urasawa.
Ici, pas besoin de super-pouvoirs.
Le docteur Kenzo Tenma est un neurochirurgien japonais installé en Allemagne. Sa vie bascule lorsqu’il décide de sauver un jeune garçon plutôt que de suivre les intérêts de l’hôpital.
Ce choix va avoir des conséquences terribles.
Le garçon, Johan Liebert, devient progressivement l’un des antagonistes les plus fascinants de l’animation japonaise.
Monster est un thriller psychologique qui prend son temps.
Et c’est précisément ce qui le rend intéressant aujourd’hui.
À l’époque des séries qui veulent accrocher le spectateur toutes les trente secondes, Monster accepte de construire son histoire progressivement.
Il parle de morale, de culpabilité, de manipulation, de traumatisme et de la frontière extrêmement fragile entre le bien et le mal.
Et Johan n’a pas besoin de lancer une boule d’énergie pour être terrifiant.
Il lui suffit de parler.
Planetes : la science-fiction sans super-héros
Autre oubli regrettable : Planetes.
Et là encore, on touche à une facette de l’animation japonaise rarement mise en avant sur TikTok.
L’histoire se déroule dans un futur où les voyages spatiaux sont devenus courants.
Mais l’espace a un problème : les déchets.
Satellites détruits, morceaux de fusées, équipements abandonnés…
Tout cela représente un danger pour les vaisseaux.
Une équipe est donc chargée de nettoyer ces débris.
Dit comme ça, cela ne semble pas particulièrement spectaculaire.
Et pourtant, Planetes est une remarquable série de science-fiction.
Elle parle de l’espace, évidemment, mais aussi du travail, de l’ambition, de l’argent, des inégalités, de la politique et du rêve humain d’aller toujours plus loin.
C’est également une série profondément humaine.
Et elle rappelle quelque chose d’important : il n’est pas nécessaire d’avoir un héros capable de détruire une planète pour raconter une grande histoire dans l’espace.
Ping Pong the Animation : ne vous fiez surtout pas au titre
Vous voulez un exemple encore plus radical ?
Ping Pong the Animation.
Oui.
Un anime sur le tennis de table.
Et pourtant, c’est probablement l’une des séries sportives les plus originales que vous puissiez voir.
Réalisée par Masaaki Yuasa, la série possède une direction artistique immédiatement reconnaissable.
Elle ne cherche pas à ressembler aux productions sportives classiques.
Elle s’intéresse surtout aux personnages.
À leur ambition.
À leurs complexes.
À leurs relations.
À leurs rêves.
À la pression de la compétition.
À la question fondamentale : pourquoi voulons-nous gagner ?
Le ping-pong n’est finalement qu’un moyen de raconter une histoire sur l’identité et le dépassement de soi.
Et voilà encore un anime qui pourrait donner lieu à une formidable vidéo.
Mais évidemment, une miniature avec deux joueurs de ping-pong est probablement moins facile à vendre qu’un affrontement entre Goku et Vegeta.
Haibane Renmei : une œuvre qui mérite d’être redécouverte
Parlons également de Haibane Renmei.
Une série étrange, douce, mélancolique et profondément mystérieuse.
Les personnages vivent dans une ville entourée de murs qu’ils ne peuvent franchir.
Ils possèdent des ailes.
Ils ont des auréoles.
Mais ils ne savent pas vraiment d’où ils viennent ni pourquoi ils sont là.
La série avance lentement et laisse énormément de place à l’interprétation.
Elle parle notamment de culpabilité, d’isolement, de pardon et de reconstruction.
C’est le genre d’œuvre qui ne se regarde pas forcément pour connaître la suite le plus rapidement possible.
On la regarde pour son atmosphère.
Pour ses personnages.
Pour ce qu’elle suggère.
Et parce qu’elle continue à travailler dans votre tête après le générique de fin.
Serial Experiments Lain : l’anime qui avait compris Internet avant beaucoup de monde
Et puisqu’on parle d’œuvres méconnues ou insuffisamment mises en avant, impossible de ne pas évoquer Serial Experiments Lain.
Une série sortie à la fin des années 1990.
À une époque où Internet n’avait évidemment pas encore la place qu’il occupe aujourd’hui.
Et pourtant, Lain explore déjà des questions qui paraissent étonnamment contemporaines.
Qu’est-ce que notre identité lorsqu’elle existe aussi sur un réseau ?
Quelle différence entre notre personnalité réelle et celle que nous construisons en ligne ?
Qu’est-ce qui arrive lorsque la frontière entre le monde physique et le monde numérique commence à disparaître ?
La série est dérangeante.
Parfois difficile à comprendre.
Elle demande un véritable effort au spectateur.
Mais c’est précisément pour cela qu’elle mérite d’être redécouverte.
Parce qu’un anime peut aussi être une œuvre qui nous pose des questions auxquelles nous n’avons pas immédiatement envie de répondre.
Cowboy Bebop : oui, encore un classique, mais pourquoi ?
Même les classiques moins récents sont parfois étonnamment absents des discussions.
Prenons Cowboy Bebop.
Si vous aimez l’animation japonaise et que vous ne connaissez pas cette série, il est temps de corriger cela.
Spike Spiegel est un chasseur de primes qui parcourt l’espace avec son équipe.
Sur le papier, cela ressemble à une aventure de science-fiction.
En réalité, Cowboy Bebop mélange western, jazz, polar, comédie, drame et science-fiction avec une élégance remarquable.
La série possède une identité visuelle et musicale exceptionnelle.
Et surtout, elle comprend quelque chose que beaucoup de productions modernes oublient parfois :
un personnage peut être intéressant simplement parce qu’il porte une histoire.
Spike n’a pas besoin d’une nouvelle transformation toutes les dix minutes.
Son passé suffit.
Baccano! : l’anime qui joue avec le spectateur
Autre exemple : Baccano!
Une série complètement différente.
L’histoire se déroule à plusieurs époques et suit de nombreux personnages.
Le récit est volontairement éclaté.
On ne comprend pas immédiatement tout ce qui se passe.
Les événements sont racontés dans le désordre.
Les personnages se croisent.
Les histoires s’entremêlent.
Et progressivement, le puzzle se reconstitue.
C’est énergique, violent, drôle et extrêmement original.
Et surtout, Baccano! rappelle que les scénaristes japonais peuvent jouer avec la structure narrative.
Un anime n’est pas obligé de raconter une histoire de manière parfaitement linéaire.
Shinsekai Yori : une série qui mérite davantage de discussions
Shinsekai Yori, ou From the New World, mérite également d’être cité.
L’histoire se déroule dans une société futuriste où certaines personnes possèdent des pouvoirs psychiques.
Mais plutôt que de transformer cela en simple histoire de combats, la série s’intéresse aux conséquences de ces pouvoirs sur la société.
Comment contrôler une population capable de détruire son environnement ?
Comment organiser une société lorsque certains individus sont beaucoup plus puissants que d’autres ?
Que sommes-nous prêts à faire pour préserver notre civilisation ?
La série devient progressivement beaucoup plus sombre qu’elle ne le laisse penser au départ.
Et c’est justement le genre de découverte qui peut marquer un spectateur.
Ergo Proxy, Texhnolyze, Kaiba… et tant d’autres
Et puis il y a les séries qui semblent presque avoir été oubliées.
Ergo Proxy, avec son univers post-apocalyptique et ses réflexions sur l’identité et la conscience.
Texhnolyze, œuvre extrêmement sombre, froide et exigeante, qui propose une vision désespérée de l’avenir humain.
Kaiba, avec son style graphique presque enfantin qui contraste avec des thèmes particulièrement sérieux autour de la mémoire, du corps et de l’identité.
Dennō Coil, qui imagine des enfants évoluant dans un monde où réalité et réalité augmentée se mélangent.
Gankutsuou, adaptation très libre du Comte de Monte-Cristo, avec une direction artistique absolument unique.
Wolf’s Rain, qui mélange voyage, mélancolie et monde en déclin.
Moribito, remarquable série de fantasy centrée sur une femme guerrière chargée de protéger un jeune prince.
The Twelve Kingdoms, immense fresque de fantasy dont l’univers mériterait largement d’être davantage connu.
Nana, qui prouve qu’un grand anime peut parler d’amour, d’amitié, de musique, d’ambition et de relations humaines sans avoir besoin de sauver le monde.
Et la liste pourrait continuer pendant des heures.
Même le « vieil anime » mérite qu’on lui redonne une chance
Il existe également un immense patrimoine datant des années 1980, 1990 et 2000.
Et là, les possibilités sont gigantesques.
Maison Ikkoku.
Touch.
Ashita no Joe.
Legend of the Galactic Heroes.
Gunbuster.
Escaflowne.
Trigun.
Serial Experiments Lain.
Revolutionary Girl Utena.
Nadia, le secret de l’eau bleue.
Macross.
Patlabor.
City Hunter.
Lupin III.
Certains ont été diffusés en France.
Certains ont marqué toute une génération.
D’autres sont presque inconnus des plus jeunes spectateurs.
Et c’est justement là que les créateurs de contenu ont un rôle formidable à jouer.
Parce qu’un TikTok de 45 secondes consacré à « 5 vieux anime que tu devrais absolument découvrir » peut être beaucoup plus intéressant que le 78e classement des transformations de Goku.
Il ne faut pas opposer anciens et nouveaux
L’objectif n’est évidemment pas de dire :
« Les anciens anime sont géniaux et les nouveaux sont mauvais. »
Ce serait tout aussi stupide.
L’animation japonaise contemporaine produit énormément d’excellentes séries.
Le problème est la concentration de l’attention.
Lorsqu’un nouvel anime devient populaire, les réseaux peuvent rapidement se transformer en gigantesque caisse de résonance.
Tout le monde en parle.
Tout le monde analyse.
Tout le monde réagit.
Et pendant ce temps, des dizaines d’autres séries sortent dans l’indifférence presque générale.
Certaines mériteraient pourtant leur chance.
Les YouTubeurs pourraient être des passeurs
C’est finalement ce que l’on attend des créateurs spécialisés.
Pas simplement qu’ils suivent les tendances.
Qu’ils les créent parfois.
Qu’ils prennent une œuvre et disent :
« Voilà, personne n’en parle suffisamment. Moi, je vais vous expliquer pourquoi elle vaut le détour. »
C’est beaucoup plus passionnant.
Un créateur peut devenir un passeur entre les générations.
Il peut prendre Cowboy Bebop et le présenter à quelqu’un qui vient de découvrir Jujutsu Kaisen.
Il peut prendre Monster et le proposer à quelqu’un qui aime les thrillers.
Il peut prendre Mushishi et le conseiller à quelqu’un qui cherche quelque chose de calme.
Il peut prendre Planetes et le recommander à un amateur de science-fiction.
Il peut prendre Ping Pong the Animation et le présenter à quelqu’un qui pense ne pas aimer les anime de sport.
C’est ça, la recommandation intelligente.
Pas simplement dire :
« Cet anime est incroyable, regardez-le. »
Mais expliquer pourquoi.
Et TikTok pourrait devenir une immense porte d’entrée
TikTok est souvent critiqué pour son côté superficiel.
Mais ce n’est pas forcément le problème de la plateforme.
Le format court peut être formidable pour la découverte.
Imaginez une série de vidéos :
« Un anime méconnu en 60 secondes. »
Une vidéo sur Mushishi.
Une sur Monster.
Une sur Planetes.
Une sur Haibane Renmei.
Une sur Baccano!.
Une sur Nana.
Une sur Kaiba.
Une sur The Twelve Kingdoms.
Une sur Dennō Coil.
Une sur Ping Pong the Animation.
Et soudain, un spectateur qui pensait connaître « les anime » découvre qu’il n’en connaissait finalement qu’une infime partie.
C’est là que les réseaux sociaux deviennent intéressants.
Nous n’avons pas besoin de moins de One Piece
Nous avons besoin de plus de tout le reste.
La nuance est importante.
Il ne s’agit pas de faire la guerre aux grands titres.
Personne ne demande à supprimer One Piece des recommandations.
Personne ne demande aux fans de Dragon Ball de changer de passion.
Personne ne demande à Naruto de quitter Internet.
Ce serait ridicule.
Le problème est culturel.
Lorsque les mêmes œuvres occupent 80 % de la conversation, elles finissent par donner l’impression de représenter 80 % de la production.
Or c’est faux.
L’animation japonaise est un continent.
Et nous n’en visitons souvent que trois villes.
À force, on finit même par décourager les nouveaux spectateurs
Il y a un autre danger.
Un jeune qui découvre l’animation japonaise aujourd’hui peut avoir l’impression qu’il faut absolument regarder 1 000 épisodes de One Piece, connaître toutes les transformations de Dragon Ball et avoir vu Naruto pour être considéré comme un véritable passionné.
Mais non.
Il n’existe pas de diplôme d’« expert en anime ».
On peut commencer par une série de 12 épisodes.
On peut regarder un film.
On peut découvrir un anime vieux de trente ans.
On peut ne jamais regarder One Piece.
Et être passionné par l’animation japonaise.
Cette diversité est justement une force.
Alors oui, chers créateurs : surprenez-nous
Voilà le message.
Pas besoin d’arrêter de parler de One Piece.
Pas besoin de bannir Dragon Ball.
Pas besoin de prétendre que Naruto n’existe plus.
Mais ouvrez les fenêtres.
Regardez derrière les tendances.
Fouillez les catalogues.
Ressortez les vieux classiques.
Découvrez les séries passées sous les radars.
Parlez des films.
Parlez des studios.
Parlez des réalisateurs.
Parlez de l’histoire de l’animation japonaise.
Parlez des œuvres étranges.
Parlez des séries imparfaites mais fascinantes.
Parlez des anime qui n’ont jamais eu leur moment de gloire.
Et surtout, faites-nous découvrir quelque chose que nous ne connaissons pas.
Parce qu’au fond, c’est probablement ce qui manque le plus aujourd’hui.
Nous ne manquons pas d’informations sur One Piece.
Nous ne manquons pas de théories sur Dragon Ball.
Nous ne manquons pas de débats sur Naruto.
Nous manquons de curiosité.
L’animation japonaise est beaucoup plus grande que ses géants
Il serait donc temps de se rappeler d’une chose toute simple.
One Piece n’est pas l’animation japonaise.
Dragon Ball n’est pas l’animation japonaise.
Naruto n’est pas l’animation japonaise.
Demon Slayer n’est pas l’animation japonaise.
Jujutsu Kaisen n’est pas l’animation japonaise.
Ce sont des œuvres majeures.
Des œuvres populaires.
Des œuvres qui ont leur importance.
Mais elles ne sont qu’une partie d’un ensemble beaucoup, beaucoup plus vaste.
Il existe des anime capables de faire rire sans combattre.
Des anime capables de faire pleurer sans tuer un personnage.
Des anime capables de faire réfléchir sans prononcer un discours philosophique de vingt minutes.
Des anime capables de créer une ambiance sans explosion.
Des anime capables de raconter une histoire extraordinaire en douze épisodes.
Des anime capables de nous faire découvrir une autre époque, une autre société, une autre façon de raconter.
Et surtout, il existe encore des centaines de séries que nous ne connaissons pas.
Alors, la prochaine fois que vous ouvrez YouTube et que vous voyez apparaître une énième vidéo intitulée « LES 10 PERSONNAGES LES PLUS PUISSANTS DE ONE PIECE », peut-être que vous pouvez passer votre chemin.
Et demander autre chose.
« Tiens, aujourd’hui, fais-moi découvrir un anime dont je n’ai jamais entendu parler. »
Parce qu’après tout, c’est aussi ça être passionné.
Ne pas seulement parler de ce que tout le monde connaît.
Avoir envie de chercher ce que personne ne regarde.
Et dans un univers aussi vaste que celui de l’animation japonaise, il serait vraiment dommage de continuer à tourner en rond autour des mêmes trois ou quatre franchises.
On aime One Piece. On aime Dragon Ball. On aime Naruto.
Mais maintenant…
faites-nous découvrir le reste.



