Pour les fans de Final Fantasy VII, Last Order: Final Fantasy VII est une œuvre aussi discrète qu’importante. Cet OAV de 25 minutes, produit en 2005 par Madhouse en collaboration avec Square Enix, revient sur l’un des événements les plus marquants de l’univers de Final Fantasy VII : la tragédie de Nibelheim et la fuite de Zack Fair et Cloud Strife après les expériences menées par la Shinra.
Souvent éclipsé par Final Fantasy VII: Advent Children ou Crisis Core: Final Fantasy VII, Last Order demeure pourtant une pièce intéressante de la célèbre « Compilation of Final Fantasy VII ».
Un OAV longtemps difficile à trouver
Sorti à la fin de l’année 2005 au Japon, Last Order: Final Fantasy VII était à l’origine inclus uniquement dans l’édition collector japonaise de Final Fantasy VII: Advent Children.
Contrairement au film principal, entièrement réalisé en images de synthèse, Last Order adopte une esthétique d’animation japonaise traditionnelle. Le projet est confié au prestigieux studio Madhouse, connu pour des œuvres majeures comme Death Note, Monster ou Perfect Blue.
Pendant plusieurs années, cet OAV reste quasiment inaccessible en dehors du Japon. Les éditions occidentales d’Advent Children ne l’incluent pas à leur sortie. Il faudra attendre des éditions collector limitées pour que les fans européens puissent le découvrir officiellement.
Un retour sur le drame de Nibelheim
L’histoire se déroule plusieurs années avant les événements du jeu original.
L’OAV alterne entre deux périodes :
- la fuite de Zack et Cloud après leur captivité ;
- les souvenirs du massacre de Nibelheim.
Le récit met principalement en scène :
- Zack Fair
- Cloud Strife
- Sephiroth
- Tifa Lockhart
- plusieurs membres des Turks et de la Shinra
Alors qu’ils tentent d’échapper à leurs poursuivants, Zack et Cloud revivent les événements qui ont conduit à la destruction de leur ville natale.
La chute de Sephiroth
Le cœur de l’histoire repose sur la célèbre tragédie de Nibelheim.
Après avoir découvert les expériences génétiques dont il est issu, Sephiroth sombre progressivement dans la folie. Convaincu d’être l’héritier légitime de la planète, il incendie la ville de Nibelheim et se rend au réacteur Mako dans lequel repose l’entité extraterrestre Jenova.
Cette séquence constitue l’un des moments fondateurs de toute la mythologie de Final Fantasy VII.
Le spectateur assiste alors :
- à la destruction du village ;
- à l’affrontement entre Sephiroth et Zack ;
- à l’intervention de Cloud ;
- à la chute du légendaire SOLDAT.
Même lorsque l’on connaît déjà les événements du jeu, leur adaptation animée reste particulièrement efficace.
Une esthétique différente d’Advent Children
L’un des éléments les plus appréciés de Last Order est sans doute son style visuel.
Loin du photoréalisme d’Advent Children, l’OAV retrouve une esthétique plus proche de l’animation japonaise traditionnelle. Les personnages possèdent des traits plus expressifs et les scènes d’action profitent du savoir-faire reconnu du studio Madhouse.
Cette approche confère à l’œuvre une identité propre qui la distingue nettement du reste de la Compilation.
Un complément à Crisis Core
Lorsque Last Order sort en 2005, Crisis Core: Final Fantasy VII n’existe pas encore.
À l’époque, l’OAV représente la première occasion de découvrir en détail l’histoire de Zack Fair, personnage relativement mystérieux dans le jeu original de 1997.
Toutefois, la sortie de Crisis Core en 2007 va profondément modifier la perception de l’œuvre.
Le jeu PSP développe beaucoup plus largement :
- la personnalité de Zack ;
- sa relation avec Cloud ;
- les circonstances de sa mort ;
- les événements de Nibelheim.
En conséquence, Crisis Core est progressivement devenu la version de référence de cette partie de l’histoire.
Des différences avec les jeux
L’un des aspects les plus discutés de Last Order concerne ses nombreuses divergences avec les jeux vidéo.
Parmi les différences les plus connues :
La chute de Sephiroth
Dans Final Fantasy VII, Cloud projette Sephiroth dans le réacteur Mako lors de leur affrontement final.
Dans Last Order, la mise en scène laisse davantage entendre que Sephiroth se jette lui-même dans les profondeurs du réacteur.
Le destin du père de Tifa
Le lieu où est retrouvé le corps du père de Tifa diffère également de celui présenté dans le jeu original.
La mort de Zack
L’écart le plus important concerne probablement le destin de Zack.
Dans l’OAV, son dernier combat apparaît relativement bref.
À l’inverse, Crisis Core transforme cette scène en un affrontement épique contre une armée entière de soldats Shinra, devenue l’une des séquences les plus marquantes de toute la franchise.
Ces incohérences expliquent pourquoi Square Enix n’a jamais véritablement intégré Last Order dans la continuité officielle moderne de la série.
Une œuvre devenue presque oubliée
Lorsque Final Fantasy VII: Advent Children Complete paraît en 2009, Last Order n’est pas réédité.
Le succès de Crisis Core ayant largement développé les mêmes événements avec davantage de profondeur, Square Enix décide de ne pas produire de nouvelle version de l’OAV.
Depuis, l’œuvre occupe une place particulière dans l’histoire de la franchise : ni totalement canonique, ni complètement abandonnée.
Fiche technique
Titre original : Last Order: Final Fantasy VII
Année de sortie : 2005
Format : OAV
Durée : environ 25 minutes
Réalisateur : Morio Asaka
Studio : Madhouse
Production : Square Enix
Musique : Takeharu Ishimoto
Character Design : Hisashi Abe, d’après les créations de Tetsuya Nomura
Distribution japonaise principale
- Kenichi Suzumura : Zack Fair
- Takahiro Sakurai : Cloud Strife
- Toshiyuki Morikawa : Sephiroth
- Ayumi Ito : Tifa Lockhart
- Junichi Suwabe : Tseng
- Keiji Fujiwara : Reno
- Taiten Kusunoki : Rude
Pourquoi voir Last Order aujourd’hui ?
Même si Crisis Core Reunion est désormais la référence pour découvrir l’histoire de Zack Fair, Last Order conserve un véritable intérêt historique pour les amateurs de Final Fantasy VII.
Cet OAV offre une vision différente de la tragédie de Nibelheim, portée par une animation traditionnelle de qualité et une mise en scène efficace. Surtout, il témoigne de l’époque où la « Compilation of Final Fantasy VII » commençait à étendre l’univers du RPG le plus célèbre de Square.
Pour les passionnés de l’univers de Cloud, Sephiroth et Zack, Last Order reste une curiosité incontournable et un témoignage intéressant de l’évolution de la saga Final Fantasy VII.


