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Ekiben : ces petits bentos qui racontent le Japon mieux que n’importe quel guide touristique

Ekiben : ces petits bentos qui racontent le Japon mieux que n’importe quel guide touristique

Il y a une scène presque banale qui résume à elle seule une certaine idée du voyage au Japon.

Le train vient de quitter la gare. Les immeubles commencent à disparaître derrière la vitre. Quelques minutes plus tôt, le quai était encore rempli de voyageurs pressés, de panneaux lumineux, de sonneries et d’annonces incompréhensibles pour le visiteur étranger. Maintenant, le paysage défile.

On ouvre alors une petite boîte.

À l’intérieur, du riz, du poisson, de la viande, des légumes, quelques accompagnements soigneusement disposés et parfois un petit dessert. Rien de spectaculaire en apparence. Pourtant, ce repas acheté quelques minutes plus tôt dans une gare peut raconter une région entière.

Cette boîte porte un nom : ekiben (駅弁).

Contraction de eki, la gare, et bentō, le repas présenté dans une boîte, l’ekiben est devenu indissociable du voyage en train au Japon. Il ne s’agit pas simplement d’un repas pratique destiné à calmer une petite faim avant l’arrivée. C’est une manière de voyager autrement.

Au Japon, prendre le train peut devenir une expérience gastronomique.

Et parfois, il suffit de quelques centimètres carrés de carton ou de plastique pour découvrir une région que l’on ne connaît pas encore.

Une tradition née avec le chemin de fer japonais

L’histoire de l’ekiben est évidemment liée au développement du train.

Lorsque le réseau ferroviaire japonais commence à se développer à l’ère Meiji, le voyage change progressivement de nature. Les distances deviennent plus faciles à parcourir, les déplacements se multiplient et les voyageurs passent davantage de temps dans les trains.

Il faut donc les nourrir.

L’une des histoires les plus souvent citées situe l’apparition du premier ekiben en 1885, à la gare d’Utsunomiya, dans l’actuelle préfecture de Tochigi.

La légende veut qu’un vendeur local y ait proposé aux voyageurs un repas particulièrement simple : du riz accompagné de quelques aliments faciles à transporter.

Qu’il s’agisse exactement du « premier » ekiben ou non est finalement moins important que ce que cette histoire raconte.

Dès les débuts du chemin de fer japonais, les gares deviennent des lieux où l’on peut acheter quelque chose à manger avant de prendre son train.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette pratique ne va jamais vraiment disparaître avec la modernisation du pays.

Elle va au contraire devenir une véritable institution.

Le train japonais a inventé son propre repas

L’ekiben est avant tout un repas pensé pour être mangé dans un train.

Cela semble évident, mais cela change beaucoup de choses.

Un plat en sauce difficile à manipuler n’est pas forcément idéal lorsque l’on est assis à sa place avec une tablette devant soi.

Un aliment trop liquide risque de se renverser.

Un repas particulièrement odorant peut rapidement devenir gênant pour les autres passagers.

Et il faut pouvoir manger facilement, sans avoir besoin d’une cuisine, d’une assiette ou d’un véritable service de table.

Les fabricants ont donc développé un format particulièrement adapté.

La nourriture est divisée en plusieurs compartiments. Le riz constitue souvent la base du repas. Il est accompagné de légumes, de poisson, de viande, d’œufs ou de petits mets préparés séparément.

Tout est compact.

Tout est organisé.

Et surtout, rien n’est là par hasard.

L’ekiben est presque l’antithèse du repas pris à la va-vite.

Même lorsqu’il est acheté quelques minutes avant le départ, il donne l’impression d’avoir été pensé pour être découvert progressivement.

Pourquoi l’ekiben est-il si différent d’un simple bento ?

La différence tient surtout à son rapport au territoire.

Un bento peut être préparé à la maison.

Un bento peut être acheté dans un supermarché.

Un bento peut accompagner un déjeuner au bureau.

L’ekiben, lui, est intimement lié au voyage.

Il est associé à une gare, une ville, une ligne ferroviaire ou une région.

Et c’est précisément ce qui fait sa particularité.

Acheter un ekiben à Kanazawa n’est pas tout à fait la même chose qu’en acheter un à Hakodate, à Niigata ou à Kagoshima.

Les recettes changent.

Les ingrédients changent.

Les traditions culinaires changent.

Mais le nom de la région reste généralement présent quelque part.

L’ekiben devient alors une sorte de carte de visite gastronomique.

Une région dans une boîte

C’est probablement le meilleur moyen de comprendre le phénomène.

Imaginez un voyageur qui prend un train à Niigata.

Il peut acheter un ekiben mettant en avant le riz local et les produits de la mer.

À Hokkaido, les produits marins occupent naturellement une place importante dans de nombreuses créations : crabe, saumon, œufs de saumon, fruits de mer…

À Kobe, le bœuf peut devenir la vedette du repas.

À Hiroshima, les spécialités locales peuvent inspirer le contenu de la boîte.

À Fukui, les produits de la mer et notamment le crabe sont régulièrement mis à l’honneur.

À Nagano, les produits agricoles de montagne peuvent trouver leur place.

L’idée n’est donc pas simplement de reproduire partout le même repas.

Chaque fabricant cherche à raconter quelque chose.

Et c’est là que l’ekiben devient particulièrement intéressant pour comprendre le Japon.

Le meibutsu, ou l’art de mettre une région en avant

Le Japon possède une longue tradition de meibutsu, ces spécialités ou produits emblématiques associés à une région particulière.

L’ekiben s’inscrit parfaitement dans cette logique.

Le voyageur arrive quelque part.

Il regarde les bentos disponibles.

Et il découvre immédiatement ce que la région souhaite mettre en avant.

Ce système permet aussi aux producteurs locaux de bénéficier d’une vitrine exceptionnelle.

Un voyageur peut goûter un produit régional sans même avoir prévu de visiter un restaurant spécialisé.

Il suffit d’un trajet en train.

C’est une forme de tourisme gastronomique miniature.

Et elle fonctionne particulièrement bien au Japon parce que le réseau ferroviaire permet de traverser rapidement des régions dont les cultures culinaires sont parfois très différentes.

L’ekiben raconte aussi les saisons

Autre particularité : le contenu d’un ekiben peut évoluer avec les saisons.

Le Japon entretient un rapport très fort avec la saisonnalité des produits et avec l’idée de profiter de ce que la nature offre à un moment précis de l’année.

Au printemps, certains repas mettent davantage en avant les ingrédients associés à la saison des cerisiers.

En automne, les champignons, les patates douces, les châtaignes ou certains poissons peuvent apparaître dans les compositions.

L’hiver favorise d’autres produits.

Certaines créations sont même proposées uniquement pendant une période limitée.

Cela transforme l’ekiben en objet presque éphémère.

On peut parfois revenir quelques mois plus tard et découvrir une boîte complètement différente.

Et les boîtes sont parfois aussi importantes que ce qu’elles contiennent

Il suffit de regarder un rayon d’ekiben pour comprendre que le contenu n’est pas le seul argument.

La boîte elle-même fait partie du produit.

Certaines reprennent la forme d’un train.

D’autres représentent un monument.

Certaines évoquent un animal emblématique de la région.

D’autres encore s’inspirent d’un personnage historique, d’une fête locale ou d’un paysage.

Le packaging n’est donc pas simplement un emballage.

Il devient un élément de l’expérience.

Et c’est ici que l’ekiben rejoint une autre caractéristique bien connue de la culture commerciale japonaise : le soin apporté à la présentation.

Au Japon, le contenant peut avoir presque autant d’importance que le contenu.

Certaines boîtes deviennent de véritables souvenirs

Pour certains voyageurs japonais, l’ekiben est également un souvenir.

On conserve parfois la boîte lorsqu’elle possède une forme particulière ou un design original.

Les fabricants l’ont parfaitement compris.

Pourquoi jeter immédiatement un contenant qui ressemble à un petit train ou à un objet traditionnel ?

Certaines créations sont pensées dès le départ pour être conservées.

Le voyageur ne repart donc pas uniquement avec le souvenir du repas.

Il repart avec un petit objet qui lui rappelle son trajet.

C’est une manière particulièrement japonaise de transformer une expérience ordinaire en souvenir.

L’un des plus grands marchés d’ekiben se trouve… à Tokyo

Il peut sembler paradoxal d’aller à Tokyo pour manger des spécialités venues de tout le Japon.

Et pourtant, c’est précisément l’un des grands intérêts des ekiben.

La gare de Tokyo est devenue une destination incontournable pour les amateurs de ces bentos.

Dans les espaces commerciaux de la gare, les voyageurs peuvent trouver une impressionnante variété de repas provenant de différentes régions du pays.

L’un des lieux les plus connus est Ekibenya Matsuri, spécialisé dans les ekiben venus de nombreuses régions.

Le concept est particulièrement efficace.

Vous êtes à Tokyo.

Vous n’avez pas le temps de parcourir Hokkaido, Kyushu, Tohoku et Hokuriku.

Qu’importe.

Vous pouvez acheter plusieurs spécialités régionales au même endroit.

Puis monter dans votre train.

Et commencer à manger.

Ekibenya Matsuri : le Japon dans un rayon

Ce type de magasin est révélateur de l’évolution de la tradition.

Autrefois, l’intérêt de l’ekiben reposait largement sur son lien avec une gare précise.

Aujourd’hui, certains points de vente permettent de retrouver des spécialités venues de très loin.

La logique a changé.

L’ekiben n’est plus uniquement le repas que l’on achète parce que l’on se trouve dans une région donnée.

Il est devenu un produit recherché en lui-même.

Certains voyageurs choisissent même leur repas avant leur voyage.

Et les passionnés connaissent parfois les spécialités de telle ou telle gare comme un amateur de vin connaît certaines appellations.

Le phénomène des ekiben Matsuri

Cette passion a également donné naissance à de grands événements consacrés à ces bentos.

Le plus célèbre est probablement le Ekiben Matsuri, organisé notamment dans les grands magasins japonais.

Le principe est simple et redoutablement efficace : faire venir des ekiben de nombreuses régions dans un même endroit.

Pendant quelques jours, le consommateur peut donc voyager à travers le Japon sans prendre le train.

On vient pour manger.

On compare.

On découvre.

On achète parfois plusieurs boîtes.

Et certaines éditions limitées deviennent particulièrement recherchées.

L’événement montre surtout que l’ekiben est passé du statut de simple repas ferroviaire à celui de véritable élément de la culture populaire japonaise.

Pourquoi y a-t-il autant de variétés ?

Il est difficile de donner un chiffre définitif au nombre d’ekiben ayant existé depuis les débuts de la tradition.

Des milliers de recettes et de variantes ont été créées au fil des décennies.

Certaines disparaissent.

D’autres sont remplacées.

De nouvelles apparaissent pour répondre aux goûts du moment.

Il existe des ekiben à base de poisson, de viande, de légumes, de riz, de fruits de mer ou de nouilles.

Certains sont très traditionnels.

D’autres jouent franchement la carte de la modernité.

Il existe également des versions conçues pour les enfants, des éditions saisonnières et des boîtes liées à des événements ou à des personnages populaires.

C’est précisément cette capacité à évoluer qui explique en partie la longévité de la tradition.

Les enfants aussi ont leurs ekiben

C’est un aspect assez révélateur.

Au Japon, le repas peut aussi participer à l’expérience du voyage familial.

Les fabricants ont donc imaginé des boîtes adaptées aux enfants.

Formes amusantes.

Personnages populaires.

Petites portions.

Présentation colorée.

Le repas devient presque un jouet.

Pour un enfant, prendre le train peut ainsi commencer avant même le départ : choisir son ekiben, regarder la boîte, découvrir ce qu’elle contient et attendre le moment où elle pourra enfin être ouverte.

Le voyage devient un rituel.

Quand l’emballage devient une attraction

Certains ekiben vont encore plus loin.

Le contenant peut reproduire un véhicule ou un objet associé à la région.

On trouve par exemple des boîtes en forme de train, de véhicule ou d’autres objets reconnaissables.

Cette approche est particulièrement efficace auprès des collectionneurs.

Mais elle répond aussi à une logique commerciale très japonaise : rendre le produit immédiatement identifiable.

Dans un rayon rempli de dizaines de boîtes, celle qui possède une forme originale attire naturellement l’œil.

Le repas commence donc avant même la première bouchée.

Il existe même des ekiben chauffants

L’une des inventions les plus étonnantes pour un visiteur étranger est le système de chauffage autonome.

Certains ekiben sont conçus avec un dispositif permettant de réchauffer le repas directement dans sa boîte.

On tire sur une languette ou un mécanisme prévu à cet effet.

Une réaction chimique chauffe alors le contenu.

Quelques minutes plus tard, le repas est chaud.

Pour un voyageur français, l’idée peut sembler presque futuriste.

Pourtant, elle répond à une contrainte très simple : comment proposer un repas chaud dans un train sans disposer d’un véritable service de restauration ?

La réponse japonaise consiste à intégrer le chauffage directement dans l’emballage.

Le fameux bœuf de Kobe et les grands classiques

Parmi les ekiben les plus recherchés figurent ceux qui mettent en avant des produits prestigieux.

Le bœuf de Kobe en est un exemple évident.

Présenté en fines tranches sur du riz, parfois accompagné de légumes et de condiments, il permet de goûter un produit associé à la région sans nécessairement réserver une table dans un restaurant spécialisé.

Mais il existe une multitude d’autres classiques.

Les bentos de fruits de mer sont particulièrement populaires dans les régions côtières.

Les œufs de saumon et autres produits marins sont souvent mis en scène dans les régions du nord.

Le poulet peut devenir la spécialité d’une gare.

Le porc en est une autre.

Et parfois, un produit extrêmement simple devient la signature d’une ville.

C’est toute la force du concept.

L’ekiben n’est pas forcément un repas gastronomique

Il serait toutefois dommage de transformer l’ekiben en objet luxueux.

Tous les ekiben ne sont pas des repas haut de gamme.

Certains sont relativement simples.

Et c’est justement ce qui les rend intéressants.

L’ekiben est d’abord un repas de voyage.

Il peut coûter quelques centaines ou quelques milliers de yens selon sa composition.

Certains sont élaborés avec des produits prestigieux, tandis que d’autres proposent une cuisine quotidienne plus modeste.

L’important est moins le prix que l’identité.

Un bon ekiben n’a pas nécessairement besoin de contenir du caviar ou du bœuf hors de prix.

Il doit surtout avoir quelque chose à raconter.

Une expérience qui commence sur le quai

Le rituel est finalement assez simple.

On arrive à la gare.

On regarde les différentes boîtes.

On hésite.

On choisit.

Puis on monte dans le train.

Le train démarre.

La boîte est ouverte.

Et le paysage commence à défiler.

C’est probablement cette succession qui explique pourquoi l’ekiben possède une place particulière dans l’imaginaire japonais.

Il associe trois choses :

le déplacement, la nourriture et la découverte.

Manger devient une partie du voyage.

Le trajet n’est plus seulement le temps nécessaire pour atteindre une destination.

Il devient lui-même une expérience.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, on ne mange pas forcément son ekiben n’importe où

Il existe aussi des codes liés au fait de manger dans le train.

Dans les trains longue distance et les Shinkansen, manger à sa place est parfaitement normal.

Dans les trains urbains très fréquentés, en revanche, sortir un repas volumineux peut être beaucoup moins approprié.

Tout dépend donc du contexte.

C’est une nuance importante pour les touristes.

L’image du voyageur occidental qui ouvre son énorme bento dans un métro bondé de Tokyo est probablement l’une des meilleures façons de se faire remarquer.

Sur un Shinkansen, en revanche, ouvrir tranquillement son ekiben avant de regarder le paysage fait partie des plaisirs du voyage.

Le Shinkansen a changé l’expérience

Le développement du Shinkansen à partir de 1964 a évidemment donné une nouvelle dimension à l’ekiben.

Les longues distances deviennent accessibles beaucoup plus rapidement.

Le voyage est plus confortable.

Les sièges sont adaptés aux trajets prolongés.

Les tablettes permettent de poser facilement son repas.

Et surtout, le voyageur dispose d’un véritable temps de pause.

Le Shinkansen est devenu l’un des endroits où l’expérience de l’ekiben prend tout son sens.

Tokyo-Kyoto.

Tokyo-Osaka.

Tokyo-Nagano.

Tokyo-Kanazawa.

Les paysages changent progressivement derrière la vitre tandis que le contenu de la boîte permet de découvrir une autre facette du pays.

Un petit déjeuner dans un train peut devenir un souvenir de voyage

Il y a quelque chose de profondément japonais dans cette manière de transformer un moment aussi banal qu’un repas en expérience.

Le voyageur ne se contente pas de se nourrir.

Il regarde.

Il observe.

Il goûte.

Il compare.

Il conserve parfois la boîte.

Il photographie son repas.

Et il associe finalement cette nourriture à un lieu précis.

Des années plus tard, il pourra se souvenir d’un trajet en Shinkansen simplement parce qu’il avait mangé tel ekiben ce jour-là.

C’est peut-être cela, au fond, la véritable réussite de cette tradition.

Les ekiben face à la modernité

L’ekiben n’est évidemment pas à l’abri des transformations du monde ferroviaire.

Les habitudes alimentaires changent.

Les voyageurs sont plus attentifs à leur alimentation.

Les préoccupations environnementales sont devenues plus importantes.

Les emballages jetables sont davantage critiqués.

La concurrence des konbini et des restaurants des gares est réelle.

Et les voyageurs ont désormais accès à une quantité considérable d’alternatives.

Pourquoi acheter un ekiben relativement cher quand un sandwich ou un repas acheté au konbini peut coûter moins cher ?

Parce que l’ekiben ne vend pas seulement de la nourriture.

Il vend une expérience.

Et c’est précisément ce qui pourrait lui permettre de continuer à exister.

Le défi écologique

La question des emballages constitue néanmoins un véritable enjeu.

Une partie du charme de l’ekiben repose sur sa présentation.

Mais cette présentation génère aussi des déchets.

Boîte.

Couvercle.

Petits compartiments.

Sachets individuels.

Couverts.

Serviettes.

Les fabricants cherchent donc progressivement des solutions plus responsables.

Matériaux recyclables.

Réduction des emballages inutiles.

Boîtes réutilisables.

Formats plus simples.

L’objectif est de conserver ce qui fait l’identité du produit sans reproduire indéfiniment le modèle du tout-jetable.

Les ekiben s’adaptent aussi aux nouvelles générations

La tradition n’est pas figée.

Les fabricants peuvent désormais utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir leurs créations.

Une nouvelle boîte peut devenir virale.

Une édition limitée peut attirer des collectionneurs.

Une collaboration avec une franchise populaire peut provoquer des files d’attente.

Le monde de l’ekiben a donc lui aussi appris à fonctionner avec les mécanismes du marketing contemporain.

Mais derrière ces innovations, le principe reste identique.

Une boîte.

Un voyage.

Une région.

Une histoire.

L’ekiben, meilleur souvenir que le restaurant ?

C’est évidemment une question de goût.

Mais pour un premier voyage au Japon, l’ekiben possède un avantage extraordinaire : il permet de combiner plusieurs expériences en même temps.

On découvre la cuisine locale.

On prend le train.

On traverse le pays.

On observe les paysages.

Et l’on peut goûter une spécialité régionale sans avoir à organiser toute une excursion autour d’un restaurant.

Pour un voyageur étranger, c’est presque une introduction parfaite à la diversité du Japon.

Parce que le pays ne possède pas une seule cuisine japonaise.

Il en possède une multitude.

Et chaque région possède ses habitudes, ses produits, ses recettes et ses spécialités.

Comment choisir son premier ekiben ?

Le meilleur conseil serait probablement de ne pas chercher systématiquement le plus célèbre.

Regardez ce qui est associé à la gare où vous vous trouvez.

Cherchez les produits locaux.

Observez les boîtes.

Demandez éventuellement conseil au vendeur.

Et surtout, prenez le temps de regarder le contenu avant de choisir.

Un ekiben photographié sur Internet peut être magnifique.

Mais celui que vous découvrez par hasard dans une petite gare peut devenir le meilleur souvenir gastronomique de votre voyage.

C’est aussi cela, l’esprit de l’ekiben.

Le Japon dans quelques cases

Il serait finalement réducteur de présenter l’ekiben comme un simple « bento pour le train ».

Cette définition est techniquement correcte.

Mais elle passe complètement à côté de l’essentiel.

L’ekiben est un morceau de territoire que l’on emporte avec soi.

Une région tient dans une boîte.

Un producteur local peut y raconter son savoir-faire.

Une gare peut devenir une vitrine gastronomique.

Une saison peut être représentée par quelques ingrédients.

Et un simple trajet en train peut se transformer en véritable expérience.

C’est pour cela que l’ekiben a survécu à toutes les transformations du Japon moderne.

Le Shinkansen est arrivé.

Les konbini se sont multipliés.

Les chaînes de restauration rapide ont envahi les gares.

Les habitudes de consommation ont changé.

Et pourtant, les voyageurs continuent d’acheter ces petites boîtes avant de monter dans leur train.

Parce qu’un ekiben ne sert pas uniquement à ne plus avoir faim.

Il sert à commencer le voyage avant même d’arriver à destination.

Et la prochaine fois que vous monterez dans un Shinkansen au Japon, plutôt que de vous contenter d’un sandwich acheté au dernier moment, faites quelque chose de très simple.

Regardez autour de vous.

Cherchez le rayon des ekiben.

Choisissez une boîte dont vous ne connaissez peut-être même pas le contenu.

Montez dans le train.

Attendez que celui-ci quitte la gare.

Puis ouvrez-la devant le paysage qui défile.

Vous comprendrez alors pourquoi, au Japon, le voyage commence parfois au moment où l’on soulève le couvercle.

Trip to Northern Point of Japan: Double Layer Hokkaido Ekiben (Bento) & Train Ride to Asahikawa
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