Pendant longtemps, les passionnés français de manga qui souhaitaient devenir mangaka ou travailler dans l’animation japonaise devaient se former de manière autodidacte ou partir étudier au Japon. Au milieu des années 2010, plusieurs initiatives ont toutefois vu le jour afin de proposer en France des formations directement inspirées des méthodes d’enseignement japonaises.
Human Academy, une école japonaise à Angoulême
À la rentrée 2015, la Human Academy, importante école japonaise spécialisée dans les métiers du manga, de l’animation et du jeu vidéo, a choisi d’ouvrir une antenne à Angoulême. Ce choix n’avait rien d’un hasard. La ville est depuis longtemps considérée comme la capitale française de la bande dessinée grâce à son célèbre Festival international de la bande dessinée et à la présence de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.
Forte de nombreuses implantations au Japon, la Human Academy souhaitait proposer aux étudiants européens une formation directement inspirée des méthodes japonaises. L’établissement s’adressait principalement aux titulaires d’un diplôme de niveau bac +3 dans des domaines artistiques tels que le dessin, l’animation ou le jeu vidéo.
Le programme mettait l’accent sur l’apprentissage des techniques du manga, la construction de scénarios, le développement graphique des personnages et les différentes formes de narration visuelle. Des voyages d’études au Japon ainsi que des stages professionnels étaient également prévus afin de permettre aux étudiants de découvrir concrètement l’industrie japonaise du manga et de l’animation.
L’objectif affiché était de former des professionnels capables d’exercer dans l’édition, l’illustration, le graphisme, le cinéma d’animation ou encore l’écriture de scénarios.
Une sélection exigeante
L’admission reposait sur plusieurs étapes destinées à évaluer le potentiel artistique des candidats.
Les postulants devaient tout d’abord présenter un portfolio ainsi qu’une lettre de motivation. Ils étaient ensuite soumis à des épreuves écrites et orales permettant de mesurer leurs aptitudes créatives et leur capacité à suivre une formation intensive.
Cette sélection rigoureuse reflétait les standards habituellement pratiqués dans les écoles japonaises spécialisées.
Toulouse Manga lance l’EIMA
Quelques années plus tard, une autre initiative voit le jour dans le sud de la France.
Depuis 2012, l’association et école Toulouse Manga proposait déjà des cours consacrés au dessin manga, à la colorisation, au digital painting ainsi qu’à l’apprentissage du japonais et du coréen. De nombreux artistes japonais étaient régulièrement invités à intervenir lors de stages et de master class.
Face à une demande de plus en plus importante, l’équipe décide d’aller plus loin en créant une véritable école supérieure : l’EIMA, l’École Internationale du Manga et de l’Animation.
Une formation tournée vers les métiers créatifs
L’EIMA prévoit d’accueillir ses premiers étudiants à partir de septembre 2016 avec un cursus consacré au manga et à l’illustration.
La formation se développe autour de plusieurs axes fondamentaux : maîtrise du dessin, narration visuelle, création de personnages, mise en page et illustration numérique. L’ambition est de permettre aux étudiants de construire progressivement un portfolio professionnel.
À terme, l’établissement prévoit également l’ouverture d’une filière dédiée à l’animation, afin de répondre à l’évolution des besoins du secteur.
Les carrières visées sont nombreuses. Les diplômés peuvent espérer travailler comme mangaka, illustrateurs, graphistes, concept artists, character designers ou encore storyboarders.
La France, deuxième marché du manga
L’apparition de ces écoles s’explique aussi par l’immense popularité du manga en France. Depuis plusieurs années, le pays est considéré comme le premier marché du manga hors d’Asie. Les lecteurs français consomment des millions de volumes chaque année et l’influence du style graphique japonais se retrouve désormais dans de nombreuses productions européennes.
Cette passion grandissante a naturellement créé une demande pour des formations spécialisées capables d’accompagner les jeunes artistes souhaitant faire de leur passion un métier.
Un pont entre la France et le Japon
Avec la Human Academy à Angoulême et l’EIMA à Toulouse, la France a vu apparaître de nouvelles passerelles entre les industries créatives française et japonaise. Ces établissements témoignent de l’influence durable de la culture manga dans l’Hexagone et de la volonté de nombreux étudiants d’apprendre directement les méthodes qui ont fait le succès des grands auteurs japonais.
Au-delà du simple apprentissage du dessin, ces écoles participent à la construction d’une génération d’artistes capables de naviguer entre deux cultures graphiques parmi les plus riches au monde.



