Il y a des acteurs qu’on reconnaît immédiatement sans jamais retenir leur nom, et d’autres qui, à force de fidélité à un cinéaste et de constance dans leur travail, finissent par devenir une signature à eux seuls. Susumu Terajima appartient sans conteste à cette seconde catégorie.
Un visage de plus de cent films
Né le 12 novembre 1963 à Tokyo, Susumu Terajima est un acteur japonais apparu dans plus de cent films, une quinzaine de publicités télévisées et de nombreuses productions dramatiques, au fil d’une carrière qui dépasse aujourd’hui les quatre décennies. Il est rarement la tête d’affiche : Terajima construit sa réputation sur les seconds rôles, où il est unanimement respecté pour son professionnalisme et sa capacité à habiter pleinement chaque personnage, quelle que soit l’importance de sa présence à l’écran.
Il est surtout connu pour ses incarnations de yakuza, en particulier dans les films de son ami proche Takeshi Kitano. Terajima fait d’ailleurs partie d’Office Kitano, la société de production de l’acteur-réalisateur, et reste aujourd’hui basé à Tokyo, sa ville natale. Ses débuts remontent à 1986, dans A-Homansu, réalisé par Yūsaku Matsuda — une carrière qu’il n’a jamais cessé de poursuivre depuis, film après film.
Une filmographie qui traverse tout le cinéma japonais contemporain
De ses débuts chez Kitano à sa présence dans les productions les plus reconnues du cinéma d’auteur japonais, Terajima s’est imposé comme l’un des visages familiers du cinéma nippon des trois dernières décennies. Extrait de sa filmographie :
- A-Homansu (1986)
- Violent Cop (1989)
- A Scene at the Sea (1992)
- Sonatine (1993)
- Elephant Song (1994)
- Getting Any? (1995)
- Okaeri (1995)
- Kids Return (1996)
- Postman Blues (1997)
- Hana-bi (1997)
- Unlucky Monkey (1998)
- After Life (1998)
- Shark Skin Man and Peach Hip Girl (1998)
- Dead or Alive (1999)
- Brother (2000)
- Distance (2001)
- Hole in the Sky (2001)
- Ichi the Killer (2001)
- The Blessing Bell (2002)
- Casshern (2004)
- The Taste of Tea (2004)
- Nobody Knows (2004)
- Funky Forest (2005)
- Takeshis’ (2005)
- The Uchoten Hotel (2006)
- Kantoku Banzai (2007)
- Air Doll (2009)
- Goemon (2009)
Cette liste, loin d’être exhaustive, illustre la constance de sa collaboration avec Takeshi Kitano — de Violent Cop à Kantoku Banzai, en passant par le sommet que reste Hana-bi — tout en montrant sa capacité à travailler avec d’autres grands noms du cinéma japonais, comme Hirokazu Kore-eda (After Life, Distance, Nobody Knows) ou Takashi Miike (Ichi the Killer, Dead or Alive).
C’est précisément cette polyvalence qui distingue Terajima : rarement au premier plan, mais de tous les tournages, et de toutes les décennies du cinéma japonais contemporain.



