Le Japon poursuit ses efforts pour développer des technologies robotiques capables de répondre aux besoins de l’industrie, des services et de la vie quotidienne. Face au vieillissement de la population, aux difficultés de recrutement et à la nécessité d’améliorer la productivité, les robots occupent une place croissante dans les stratégies d’innovation du pays. Les salons professionnels organisés en 2026 permettront de découvrir les avancées réalisées dans les domaines de l’automatisation, de l’intelligence artificielle, des robots humanoïdes et de l’habitat connecté.
Plusieurs rendez-vous illustrent cette évolution, notamment l’International Robot Exhibition (iREX), dont la dernière édition s’est tenue en décembre 2025, le salon Humanoid Robot Expo Tokyo prévu en novembre 2026, RoboNext à Osaka en décembre et le Salon Smart House & Smart Home à Tokyo. Ces événements présentent des technologies différentes, mais complémentaires, qui contribuent à dessiner les prochaines étapes du développement robotique japonais.
iREX : un rendez-vous international majeur pour la robotique
L’International Robot Exhibition (iREX) figure parmi les grandes manifestations internationales consacrées aux technologies robotiques. Organisé à Tokyo Big Sight, ce salon rassemble des fabricants, des intégrateurs, des chercheurs et des professionnels venus découvrir les innovations qui transforment les processus industriels et les applications de service.
L’édition 2025 s’est déroulée du 3 au 6 décembre à Tokyo. Elle a réuni 673 exposants et présenté 3 334 stands, pour un total annoncé de 156 110 entrées de visiteurs. Ces chiffres témoignent de l’importance de cet événement pour les acteurs du secteur. La prochaine édition est annoncée pour décembre 2027.
L’intérêt d’iREX repose notamment sur la diversité des solutions présentées. Les visiteurs peuvent y découvrir des robots industriels, des systèmes de manipulation, des technologies de vision artificielle, des solutions d’automatisation et des applications destinées à améliorer la collaboration entre les humains et les machines.
Au-delà des équipements eux-mêmes, ces rencontres permettent aux entreprises de comparer les technologies, d’identifier des partenaires et d’évaluer les possibilités d’intégration dans leurs installations. Les enjeux concernent notamment la productivité, la sécurité, la précision des opérations et la capacité à automatiser des tâches répétitives ou physiquement exigeantes.
Les avancées de la robotique doivent toutefois être appréciées en fonction de leurs usages réels. Les performances observées lors d’une démonstration ne garantissent pas nécessairement une utilisation fiable dans tous les environnements. La robustesse, la maintenance, le coût d’exploitation et la sécurité restent déterminants pour transformer une innovation en solution opérationnelle.
L’Université de Saitama et la recherche appliquée en robotique
La recherche universitaire contribue également au développement des technologies robotiques japonaises. Dans la préfecture de Saitama, l’Université de Saitama et les travaux menés au sein de laboratoires spécialisés illustrent la diversité des recherches consacrées à l’automatisation, à l’assistance et à l’interaction entre les humains et les machines.
Le laboratoire Tsuji de l’Université de Saitama travaille notamment sur le traitement des signaux haptiques, les robots d’assemblage, la génération de mouvements robotiques, l’apprentissage automatique appliqué à l’assemblage et les technologies d’assistance à la rééducation.
Ces recherches répondent à plusieurs défis techniques. Un robot doit pouvoir exécuter des mouvements précis, interpréter certaines informations provenant de son environnement et adapter son comportement à la tâche qu’il doit accomplir. Dans les applications d’assistance, la maîtrise des interactions physiques et la sécurité des utilisateurs revêtent une importance particulière.
Les collaborations entre universités et entreprises peuvent faciliter le transfert des résultats scientifiques vers des applications concrètes. Les industriels apportent leur connaissance des contraintes opérationnelles, tandis que les chercheurs développent et évaluent de nouvelles approches techniques.
Il convient cependant de distinguer la participation générale d’un établissement à l’écosystème de la recherche robotique de sa présence confirmée à un salon particulier. Les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer ici que l’Université de Saitama ou le laboratoire Tsuji participera précisément à une zone donnée d’iREX.
Humanoid Robot Expo Tokyo 2026 : les robots humanoïdes à l’honneur
Le salon Humanoid Robot Expo Tokyo 2026 se tiendra du 11 au 13 novembre 2026 au Makuhari Messe, à Chiba, dans le cadre de la NexTech Week Tokyo Autumn.
Cette manifestation est consacrée aux robots humanoïdes et aux technologies permettant de les faire fonctionner dans des environnements conçus pour les humains. Elle s’inscrit dans un ensemble d’expositions couvrant plusieurs domaines technologiques, notamment l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, la blockchain et les applications industrielles de la réalité étendue.
Les robots humanoïdes suscitent un intérêt croissant parce que leur morphologie peut, dans certaines situations, faciliter leur utilisation dans des espaces existants. Un robot doté de jambes, de bras et de mains peut théoriquement évoluer dans des lieux conçus pour les déplacements humains et manipuler des objets courants.
Cette compatibilité ne signifie cependant pas que ces machines peuvent immédiatement remplacer les travailleurs. Marcher sur un sol irrégulier, saisir des objets fragiles, utiliser des outils ou réagir à une situation imprévue restent des opérations techniquement complexes. Les performances varient selon les modèles, les tâches et les conditions d’utilisation.
Les applications envisagées concernent notamment la production industrielle, la logistique, la construction et certaines activités de service. Dans ces environnements, les robots pourraient prendre en charge des tâches répétitives, contribuer à réduire l’exposition aux risques ou assister les employés dans des opérations physiquement difficiles.
L’intelligence artificielle joue un rôle essentiel dans cette évolution. La vision par ordinateur aide les machines à interpréter les informations visuelles, tandis que les systèmes de commande et les modèles d’apprentissage contribuent à planifier et à ajuster les mouvements. L’objectif consiste à rendre les robots plus polyvalents, sans négliger la fiabilité ni les mécanismes de sécurité indispensables à leur déploiement.
La NexTech Week permet également de replacer les robots humanoïdes dans un écosystème technologique plus large. L’intelligence artificielle et les technologies de calcul peuvent compléter les systèmes robotiques, mais leur présence au sein d’un même événement ne signifie pas que toutes ces technologies sont nécessairement intégrées dans chaque machine.
RoboNext 2026 : développer les usages et les collaborations
RoboNext 2026 est annoncé du 2 au 4 décembre 2026 à l’INTEX Osaka, dans la ville d’Osaka. Le salon est organisé par la Japan Robot Association (JARA) et le quotidien industriel Nikkan Kogyo Shimbun.
Ce rendez-vous complète les manifestations consacrées à la robotique en proposant un espace d’échange autour des nouvelles technologies et de leurs possibilités d’utilisation. Il doit permettre aux professionnels de découvrir des solutions, de mieux comprendre les évolutions du secteur et d’examiner les perspectives de collaboration.
L’enjeu ne se limite pas à présenter des machines toujours plus sophistiquées. Il s’agit également de déterminer comment les intégrer dans les entreprises, quels besoins elles peuvent satisfaire et quelles compétences sont nécessaires pour les concevoir, les programmer et les entretenir.
La formation des nouvelles générations constitue un aspect important de cette transformation. Les ingénieurs et les techniciens doivent maîtriser des domaines complémentaires, comme la mécanique, l’électronique, les logiciels, l’intelligence artificielle et la sécurité des systèmes automatisés.
La coopération entre les entreprises, les établissements de formation et les organismes de recherche peut contribuer à développer ces compétences. Elle permet aussi de mieux faire correspondre les innovations aux besoins du terrain.
La robotique ne se résume donc pas à la substitution d’une machine à un salarié. Selon les applications, elle peut modifier l’organisation du travail, répartir autrement les tâches et faire apparaître de nouveaux besoins en matière de supervision, de maintenance et de contrôle qualité.
Smart House & Smart Home 2026 : vers un habitat plus connecté
La robotique ne concerne pas uniquement les usines et les entrepôts. Son développement dans les logements dépend également de l’évolution des équipements domestiques et de leur capacité à communiquer entre eux.
Le salon Smart House & Smart Home 2026 se tiendra du 18 au 20 novembre à Tokyo Big Sight, dans le cadre du Japan Home Show & Building Show. Il sera consacré aux technologies permettant d’améliorer le confort, la sécurité et la gestion des logements.
Les solutions présentées couvrent plusieurs domaines : éclairage intelligent, régulation du chauffage et de la climatisation, gestion énergétique, systèmes de sécurité, serrures connectées, commandes vocales et dispositifs de surveillance adaptés aux besoins des occupants.
Les systèmes HEMS, pour Home Energy Management Systems, permettent notamment de superviser et d’optimiser certains usages énergétiques du logement. Associés à des équipements compatibles, ils peuvent contribuer à mieux coordonner la consommation électrique, la production photovoltaïque et le stockage de l’énergie.
Ces technologies ne sont pas des robots à proprement parler. Elles forment néanmoins une partie de l’environnement dans lequel les futurs robots domestiques pourraient fonctionner. Un logement équipé de capteurs, de systèmes de contrôle et d’appareils interconnectés peut faciliter certaines tâches automatisées, à condition que les équipements soient compatibles et correctement configurés.
Les robots domestiques doivent en effet composer avec des environnements très variables. Les meubles changent de place, les objets peuvent être déplacés et les occupants circulent librement. Les systèmes de navigation et de perception doivent tenir compte de ces variations pour accomplir leurs tâches de manière fiable.
L’assistance aux personnes âgées constitue un domaine d’intérêt particulier au Japon. Des technologies de surveillance, des dispositifs d’alerte et des outils d’assistance peuvent contribuer au maintien à domicile. Leur utilité dépend cependant de leur adaptation aux besoins individuels, de leur facilité d’utilisation et du respect de la vie privée.
L’interconnexion des équipements soulève également des questions importantes concernant la cybersécurité et la gestion des données personnelles. Un habitat intelligent doit être conçu de façon à limiter les accès non autorisés, à protéger les informations sensibles et à conserver un contrôle humain sur les fonctions essentielles.
Intelligence artificielle et robotique : des technologies complémentaires
L’intelligence artificielle transforme progressivement les capacités des robots. Elle contribue notamment à la reconnaissance d’objets, à l’interprétation d’informations visuelles, à la planification de mouvements et à l’adaptation à certaines situations.
La robotique et l’intelligence artificielle restent toutefois deux domaines distincts. Un logiciel capable de comprendre une instruction ne garantit pas qu’une machine puisse l’exécuter physiquement. Pour agir dans le monde réel, un robot doit aussi disposer de capteurs, de mécanismes adaptés, d’une commande précise et de systèmes de sécurité.
Cette distinction est particulièrement importante pour les robots humanoïdes. Comprendre une consigne comme déplacer un objet ne suffit pas : la machine doit localiser l’objet, déterminer comment le saisir, contrôler sa force et éviter les collisions. Elle doit également gérer les erreurs et les situations dans lesquelles l’action prévue devient impossible.
La notion de « physical AI », ou intelligence artificielle appliquée au monde physique, traduit cette volonté de rapprocher les capacités de perception, de décision et d’action. Les expositions technologiques de 2026 accordent une place croissante à ces approches, notamment pour les applications industrielles et logistiques.
L’enjeu est de parvenir à des systèmes suffisamment fiables pour travailler dans des conditions réelles, tout en restant économiquement viables. Les démonstrations spectaculaires attirent l’attention, mais la réussite commerciale dépendra aussi de la répétabilité des performances, du coût de maintenance et de la capacité à s’intégrer dans les processus existants.
Un marché porté par les besoins industriels et démographiques
Le développement de la robotique au Japon s’inscrit dans un contexte marqué par le vieillissement de la population, les tensions sur le marché du travail et les besoins d’automatisation de nombreux secteurs.
Dans l’industrie, les robots peuvent améliorer la régularité de certaines opérations, augmenter les cadences et limiter l’exposition des salariés à des tâches pénibles ou dangereuses. Dans la logistique, ils peuvent contribuer au déplacement des marchandises, au tri et à la préparation des commandes.
Les services présentent des besoins différents. Les machines doivent souvent évoluer dans des environnements moins prévisibles, interagir avec le public et s’adapter à des contraintes qui varient d’un lieu à l’autre. Ces usages exigent des niveaux élevés de fiabilité, de facilité de maintenance et de sécurité.
Le secteur domestique présente encore d’autres défis. Les logements sont hétérogènes, les budgets des ménages sont variables et l’acceptation des technologies dépend de leur utilité réelle. Un appareil intelligent ne s’impose durablement que s’il apporte un bénéfice compréhensible et reste suffisamment simple à utiliser.
Les salons professionnels jouent un rôle important dans l’évaluation de ces opportunités. Ils permettent aux fabricants de rencontrer des clients potentiels, aux entreprises de comparer des solutions et aux chercheurs d’échanger avec des acteurs industriels. Ils contribuent ainsi à faire circuler les connaissances et à rapprocher les innovations des besoins concrets.
Il reste néanmoins difficile de mesurer à l’avance les retombées économiques de chaque manifestation. Les résultats dépendront des contrats conclus, des investissements réalisés et de la capacité des technologies présentées à répondre durablement aux attentes du marché.
Conclusion : le Japon prépare une nouvelle étape de la robotique
Les grands rendez-vous robotiques de 2026 illustrent la diversité des recherches et des applications développées au Japon. L’International Robot Exhibition a confirmé l’importance des échanges internationaux autour de l’automatisation, tandis que Humanoid Robot Expo Tokyo et RoboNext mettent en avant les perspectives liées aux nouvelles générations de machines. Le salon Smart House & Smart Home élargit cette réflexion à l’habitat connecté, dont les équipements peuvent contribuer à créer un environnement favorable à certaines applications domestiques.
Ces manifestations témoignent d’une évolution qui dépasse la seule conception de robots plus performants. L’enjeu consiste aussi à développer des systèmes capables de fonctionner en toute sécurité, à former les professionnels qui les utiliseront et à intégrer ces technologies dans les activités quotidiennes.
Les robots ne résoudront pas à eux seuls les défis démographiques et économiques du Japon. Ils peuvent toutefois devenir des outils précieux lorsqu’ils répondent à des besoins identifiés, qu’ils complètent les compétences humaines et que leur déploiement s’accompagne d’une réflexion sur les coûts, la sécurité et les responsabilités.
L’avenir de la robotique japonaise dépendra donc autant des progrès technologiques que de la capacité des entreprises, des chercheurs et des pouvoirs publics à transformer les innovations en solutions concrètes, fiables et utiles à la société.


