Accueil / Société / Tourisme / Les immanquables du Japon / À Katsushika, le quartier où Olive et Tom sont devenus des statues de bronze

À Katsushika, le quartier où Olive et Tom sont devenus des statues de bronze

À Katsushika, le quartier où Olive et Tom sont devenus des statues de bronze

Il y a des mangas qui font rêver une génération d’enfants, et d’autres qui, des décennies plus tard, façonnent encore le football qu’on regarde à la télévision le dimanche soir. Captain Tsubasa — connu en France sous le nom d’Olive et Tom — appartient sans conteste à la seconde catégorie.

(Précision utile : la statue décrite ici n’est pas une actualité récente — son inauguration remonte au 30 mars 2013. Elle marque cependant le point de départ d’un projet qui allait prendre de l’ampleur dans les années suivantes, et qui reste aujourd’hui une destination prisée des fans du monde entier.)

Une statue au cœur du quartier natal de son créateur

Le 30 mars 2013, une statue en bronze et à échelle humaine représentant Olivier Atton (Tsubasa Ozora en version originale) est inaugurée à Katsushika, dans le nord-est de Tokyo. Sculptée à taille réelle, elle représente le jeune héros du manga, manches retroussées, prêt à en découdre sur un terrain — un clin d’œil direct à l’énergie qui a fait le succès de la série depuis sa création en 1981. Elle est installée à proximité du lieu de naissance de Yōichi Takahashi, le créateur d’Olive et Tom, et de son ancien lycée, dans le quartier de Yotsugi.

Cette statue n’était que la première d’un projet plus vaste : au fil des années suivantes, huit autres statues de personnages du manga viendront compléter un véritable parcours entre les gares de Yotsugi et Tateishi, dont une dernière, dévoilée en 2018 devant le lycée Minami Katsushika (l’alma mater de Takahashi), représentant la célèbre « double frappe » de Tsubasa et de son coéquipier Taro Misaki.

Un manga qui a façonné des champions

Le choix de célébrer ainsi Olive et Tom n’a rien d’anecdotique : la série est régulièrement citée par des joueurs professionnels parmi les déclencheurs de leur passion pour le football. Zinedine Zidane et Lionel Messi comptent parmi les grands noms à avoir publiquement reconnu cette influence, aux côtés d’autres figures comme Andrés Iniesta, Alessandro Del Piero ou Fernando Torres. Yōichi Takahashi lui-même a raconté avoir recueilli, au fil de ses rencontres avec certains de ces joueurs, des souvenirs d’enfance étonnamment similaires : ceux d’enfants qui regardaient l’anime avant d’aller à l’école, puis tentaient d’en reproduire les gestes spectaculaires sur le terrain.

Cette influence est d’autant plus notable qu’au moment de la création du manga, en 1981, le football restait un sport largement marginal au Japon, dominé par le baseball. Captain Tsubasa est aujourd’hui crédité d’avoir contribué, à sa manière, à l’essor du football japonais — au point que son créateur préside aujourd’hui un authentique club de football, le Nankatsu SC, du nom de l’équipe fictive du manga.

Une aventure qui vient de se terminer

Pour resituer ce parcours de statues dans son contexte le plus récent : Yōichi Takahashi a annoncé, en janvier 2024, la fin de la série après quarante-trois ans de publication, invoquant des raisons de santé. Vendu à plus de 90 millions d’exemplaires dans le monde et adapté dans une centaine de pays, Captain Tsubasa laisse derrière lui un empreinte culturelle rare pour un manga — visible aujourd’hui encore dans les rues de Katsushika, où les fans continuent de suivre, statue après statue, les traces de bronze de leur héros d’enfance.

3
Étiquetté :